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Le « moi » existe parce que l’être humain, en proie au narcissisme, se prend pour une image. Le « moi » est l’effet de l’aniénation, nécessaire sinon heureuse, de l’Homme à une image qui chez lui fait sens. Et la Barbie ? Tour à tour caricature de l’idéal physique et moral de l’Amérique et symbole féministe de l’émancipation ménagère, Barbie apprend aux enfants qu’il faut se consacrer à la poursuite du Bonheur, à travers l’aquisition de biens matériels qui sont socialement connotés, mais elle dit aussi aux petites filles, qu’elles peuvent être pilote, médecin ou rock star…

La poupée : modèle de l’adulte à la plastique rêvée, aux proportions parfaites, habillée à la mode et arborant un sourire et des traits parfaits. C’est à travers cette illusion et désillusion que les enfants font leur premiers pas dans « le monde des grands ». Ces poupées, offertes aux enfants dans leur plus jeune âge, me donnent l’impression de prendre vie en capturant l’imagination, le mystère, la complicité et la confrontation transmise par chaque enfant. Parrallèlement, n’est-ce pas la projection du fantasme de l’adulte, de ses regrets, de ses espoirs et de ses inhibitions, sur l’enfant, qui transforme à son tour celui-ci en poupée ?

Dalie Or, plasticien freelance.

Plasticiens freelance sur Ultra-book